En Guyane comme ailleurs en France, aucune entreprise du bâtiment ne peut ouvrir un chantier de construction sans assurance décennale. Pourtant, beaucoup d'artisans et de jeunes entreprises se heurtent à des refus ou à des primes élevées. La raison est presque toujours la même : un dossier mal présenté.
Qui est obligé de s'assurer ?
L'obligation vise tout constructeur d'un ouvrage : entrepreneurs, artisans, maîtres d'œuvre, architectes, bureaux d'études et techniciens liés au maître d'ouvrage par un contrat de louage d'ouvrage (article L. 241-1 du Code des assurances). Elle concerne la construction neuve comme les travaux de rénovation importants qui touchent la solidité de l'ouvrage.
Travailler sans décennale expose à des sanctions pénales : jusqu'à six mois d'emprisonnement et 75 000 € d'amende (article L. 243-3). Surtout, en cas de sinistre, l'entreprise et son dirigeant paient seuls les réparations, parfois pendant dix ans.
Ce que couvre la décennale
Elle prend en charge, pendant dix ans après la réception des travaux, les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination (article 1792 du Code civil) : fissures structurelles, affaissement, infiltrations importantes, défaut d'étanchéité d'une toiture. Elle ne couvre pas les simples défauts esthétiques ni les équipements dissociables, qui relèvent de la garantie biennale de bon fonctionnement.
L'attestation : à joindre à chaque devis
Depuis 2016, l'attestation d'assurance décennale doit être jointe aux devis et aux factures (article L. 243-2). Elle précise les activités couvertes, la zone géographique et la période de validité. Les acheteurs publics la demandent systématiquement à l'appui des candidatures aux marchés de travaux.
Point de vigilance : vous n'êtes couvert que pour les activités déclarées. Un menuisier qui réalise de la maçonnerie, un plaquiste qui intervient en charpente, travaillent sans garantie sur ces lots.
Les pièces à préparer
- Extrait Kbis ou avis de situation INSEE.
- Liste précise des activités exercées, dans la nomenclature de l'assureur.
- Justificatifs d'expérience : diplômes, certificats de travail, attestations d'anciens employeurs, références de chantiers avec photos.
- Chiffre d'affaires réalisé ou prévisionnel, effectif.
- Relevé de sinistralité de l'assureur précédent, s'il y en a un.
- Date de prise d'effet souhaitée.
Pourquoi les dossiers sont refusés
Les compagnies refusent surtout les dossiers où l'expérience n'est pas démontrée pour chaque activité, où les activités déclarées sont floues, ou où le chiffre d'affaires est incohérent avec la taille de l'entreprise. Une jeune entreprise peut être assurée si le dirigeant justifie de son expérience comme salarié ou artisan.
Les spécificités de la Guyane
Les assureurs connaissent moins le territoire et sont plus prudents : sols argileux, humidité, chantiers en sites isolés accessibles par le fleuve, approvisionnement long. Un dossier qui explique vos méthodes, votre organisation et vos références locales rassure la compagnie et améliore les conditions.
Comment BCS Risk vous accompagne
BCS Risk appartient au groupe BCS, qui rédige, analyse et conduit des marchés de travaux depuis deux décennies. Nous construisons votre dossier comme un maître d'ouvrage l'évaluerait, nous le présentons à plusieurs compagnies et nous vous expliquons chaque proposition. Demandez votre étude décennale.
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